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Visual Builder ne marche plus ? Ce n’est pas de votre faute

Vous voulez juste changer un horaire. Ou une photo. Vous cliquez sur « Modifier avec le Visual Builder », et là… rien. Une roue qui tourne, une page blanche, ou un message en anglais qui vous parle de licence. Vous refermez l’onglet, vous réessayez le lendemain, même chose.

Je vais commencer par ce que j’aurais aimé qu’on dise à tous les clients qui sont arrivés chez nous avec ce problème : vous n’y êtes pour rien. Vous n’avez rien cassé. Votre site a simplement été construit sur des fondations que personne n’a entretenues, et ça finit toujours par se voir.

On croise ce cas plusieurs fois par an, chez des artisans, des associations, des commerces, et même des mairies. La bonne nouvelle, c’est que ça se répare. Parfois en une journée, parfois en repartant sur autre chose. Je vous raconte.

Ça vous parle ?

  • Le bouton « Backend Editor » ou « Frontend Editor » ne fait plus rien.
  • En ouvrant une page, vous tombez sur du texte plein de codes entre crochets, du genre [vc_row] ou [et_pb_section].
  • WordPress vous propose une mise à jour de « WPBakery Page Builder » mais refuse de l’installer sans licence.
  • Vous n’osez plus mettre à jour WordPress, de peur que tout s’écroule.

Et le plus piégeux : votre site s’affiche toujours très bien pour vos visiteurs. Alors on se dit que ça peut attendre. Sauf qu’un site qu’on ne met plus à jour, c’est un site qui ralentit, qui vieillit, et qui finit par intéresser les pirates bien plus que vos clients.

Visual Builder, Visual Composer, WPBakery : c’est quoi la différence ?

Petite parenthèse, parce que tout le monde mélange (et c’est normal). Visual Composer est l’ancien nom de WPBakery Page Builder, le constructeur de pages livré avec énormément de thèmes WordPress. Le Visual Builder, lui, c’est l’éditeur visuel de Divi. Mais beaucoup de gens disent « visual builder » pour n’importe quel outil qui permet de construire ses pages en glissant des blocs.

Dans cet article, je parle de tous ceux-là. Le problème est le même : un constructeur qui n’est plus à jour.

Le constructeur « offert » avec le thème

La plupart des sites concernés ont été faits avec un thème acheté sur une place de marché, quelques dizaines d’euros. Dans la boîte, un constructeur premium inclus. Sur le papier, c’est une affaire.

Le hic, c’est que la licence de ce constructeur n’est pas à vous. Elle appartient à l’auteur du thème. WPBakery l’explique d’ailleurs noir sur blanc : vous pouvez l’utiliser tant que vous gardez le thème, mais les mises à jour n’arrivent que si l’auteur du thème les intègre. Si le thème n’est plus suivi, ou si personne ne télécharge ses nouvelles versions, le constructeur reste bloqué dans le passé. Pendant ce temps, WordPress continue d’avancer. Et un beau jour, les deux ne se comprennent plus.

Avec Divi, c’est un peu le même scénario. Le thème fonctionne avec un compte Elegant Themes. Si ce compte était celui de votre prestataire et qu’il a retiré sa clé, ou s’il a arrêté de payer son abonnement, plus de mises à jour pour vous.

Et le freelance qui avait fait le site ?

Souvent, il n’est plus là. On a vu des sites réalisés par des gens très sympas, motivés, qui avaient suivi un bon tuto vidéo pour monter le site… et qui sont devenus comptables, mécaniciens ou commerciaux depuis. Leur numéro ne répond plus, l’adresse mail rebondit.

Je ne leur jette pas la pierre. La plupart ne savaient sans doute pas qu’un thème et son constructeur doivent être mis à jour, ni que la licence ne vous serait pas transmise. Le tuto s’arrêtait à la mise en ligne. Votre site, lui, a continué sa vie sans eux.

Résultat, vous vous retrouvez avec un site qui tourne, mais dont vous n’avez plus vraiment les clés. Pas de licence à votre nom, pas d’accès au compte de l’éditeur, parfois même pas le mot de passe administrateur. Encore une fois, ce n’est pas une faute de votre part. C’est un passage de relais qui n’a jamais eu lieu.

La ville de Bray-sur-Seine : une licence, des mises à jour, et c’est reparti

Premier exemple, et c’est le plus fréquent. Le site de la ville de Bray-sur-Seine, en Seine-et-Marne, reposait sur un thème avec son constructeur de pages intégré. La licence n’était plus active, et WordPress avait pris pas mal de retard. Pour une mairie qui doit publier ses informations régulièrement, ne plus pouvoir modifier une page, c’est vite très embêtant.

On aurait pu crier à la refonte. On ne l’a pas fait, parce que ce n’était pas nécessaire. Pierre a d’abord fait une sauvegarde complète et travaillé sur une copie du site, pour ne rien risquer sur la version en ligne. On a repris une licence en bonne et due forme, réinstallé proprement le constructeur, puis mis à jour WordPress et le reste, en vérifiant les pages au fur et à mesure.

Le contenu n’a pas bougé, la mise en page non plus, le référencement encore moins. Le site était simplement de nouveau modifiable, à jour et sécurisé.

Ce que j’en retiens : ce n’est pas parce que le constructeur était « inclus dans le thème » qu’on est condamné. Parfois, une licence et une réinstallation propre suffisent.

Les Champs des Possibles : on voulait changer de constructeur, on a refait le site

Deuxième histoire, avec une fin différente. Les Champs des Possibles, une coopérative d’Île-de-France qui accompagne des projets agricoles et solidaires, voulait quitter son constructeur de pages pour un outil plus simple à prendre en main au quotidien.

Sur le papier, c’était l’option intermédiaire : garder le contenu, changer d’éditeur. Sauf qu’en regardant le site de près, on s’est rendu compte que le contenu à récupérer tenait en assez peu de choses. Le reste, c’était surtout de la mise en forme, enfouie dans les codes du constructeur. Le nettoyer, le convertir, puis remettre chaque page en forme dans un nouvel éditeur nous aurait pris plus de temps qu’un site neuf.

On a donc fait le choix inverse : on a gardé les textes et les images utiles, et on a tout reconstruit sur une base propre. Et pour ne pas perdre les visites venues de Google, les anciennes adresses importantes ont été redirigées vers les nouvelles.

La leçon est un peu contre-intuitive, mais je la répète souvent : vouloir à tout prix sauver l’ancien n’est pas toujours l’option la plus économique.

Alors, on garde, on change d’éditeur ou on refait tout ?

Il n’y a pas de réponse toute faite. En gros, trois chemins :

  1. Reprendre une licence et tout remettre à jour. C’est le bon choix si le site vous plaît encore, qu’il a du contenu et qu’il vous ramène des contacts. C’est ce qu’on a fait pour Bray-sur-Seine.
  2. Changer de constructeur, voire de thème. Quand l’outil actuel est lent ou abandonné mais que vos contenus valent la peine d’être gardés. On remplace alors l’éditeur par Gutenberg, celui fourni avec WordPress, ou par Elementor, souvent avec un thème plus léger.
  3. Repartir sur un nouveau site. Quand il y a peu à sauver, que le design a pris un coup de vieux ou que vos besoins ont changé. Comme pour Les Champs des Possibles.

Un mot sur Divi : sa nouvelle version, Divi 5, abandonne les shortcodes et prévoit un outil pour convertir les anciennes pages. Pour un site Divi bloqué, reprendre une licence et passer à cette version peut donc éviter de tout quitter. À tester sur une copie, évidemment.

Récupérer vos textes sans tout recopier à la main

Quand on parle de changer d’éditeur, la première crainte, c’est le copier-coller page par page. Ce n’est pas une fatalité, mais il faut comprendre ce qui se passe.

WPBakery et les anciennes versions de Divi enregistrent vos pages avec des shortcodes : vos phrases sont mélangées à des balises entre crochets. Tant que le constructeur est actif, ça donne une jolie page. Dès qu’on le désactive, les codes réapparaissent en plein milieu du texte. Elegant Themes reconnaît d’ailleurs que ces restes de codes, après un changement de constructeur, faisaient partie des raisons de leur abandon.

Il existe des extensions qui « purifient » le contenu en retirant ces codes, pour ne garder que le texte et les images. Ça peut faire gagner des heures. Deux précautions quand même :

  • Vérifiez qu’elle est toujours maintenue. Shortcode Cleaner Lite, longtemps la plus recommandée, a été retirée du répertoire WordPress en mars 2025 pour un problème de sécurité. Je vous déconseille de l’installer.
  • Masquer n’est pas supprimer. Certaines extensions cachent seulement les codes à l’affichage, sans toucher à la base de données. Pratique pour dépanner, mais votre contenu n’est pas prêt pour autant à passer dans un autre éditeur.

Il existe aussi des outils qui convertissent directement le contenu WPBakery en blocs Gutenberg. Le texte suit, les mises en page compliquées sont simplifiées. Dans tous les cas : sauvegarde complète, copie de test, et seulement ensuite le site en ligne.

Et si votre site ne compte que quelques pages, posez-vous franchement la question de l’histoire des Champs des Possibles. Copier dix textes utiles et repartir proprement coûte parfois moins cher que d’en sauver cinquante qui ne servent plus.

Pour que ça ne vous arrive plus

Quelle que soit la solution, profitez-en pour récupérer vos clés. Demandez que les licences soient à votre nom, que l’on vous remette les accès (administrateur, hébergement, nom de domaine) et que les mises à jour soient prévues dans un contrat de maintenance. Un site, c’est comme une voiture : il roule longtemps s’il passe régulièrement au garage.

Les questions qu’on nous pose le plus

Pourquoi mon Visual Builder ne marche plus ?

Le plus souvent, le constructeur n’a pas été mis à jour alors que WordPress et le serveur, eux, ont évolué. Un constructeur fourni avec un thème, sans licence à votre nom, ne se met pas à jour tout seul.

Visual Composer et WPBakery, c’est la même chose ?

Oui, Visual Composer est l’ancien nom de WPBakery Page Builder. Le Visual Builder, lui, désigne l’éditeur visuel de Divi.

Est-ce que je peux mettre à jour WPBakery sans licence ?

Seulement si l’auteur de votre thème publie une nouvelle version avec le constructeur à jour. Sinon, il faut acheter une licence directe auprès de WPBakery, qui donne accès aux mises à jour et au support officiel.

Mon ancien prestataire a gardé la licence Divi, je fais comment ?

La licence est liée à son compte Elegant Themes. Le plus simple est de prendre votre propre licence et de réactiver le thème avec votre clé.

Est-ce que je vais perdre mon contenu en changeant de constructeur ?

Non, si c’est bien préparé : sauvegarde, copie de test, puis nettoyage ou conversion. Les textes et les images se récupèrent. La mise en page, en revanche, est à refaire.

Gutenberg ou Elementor ?

Gutenberg est l’éditeur fourni avec WordPress, il ne dépend d’aucune extension. Elementor laisse plus de liberté de mise en page. Tout dépend de ce que vous voulez faire vous-même ensuite.

On regarde votre site ensemble ?

Un constructeur qui ne s’ouvre plus, ce n’est pas la fin du monde. Le plus important, c’est de ne pas décider dans la panique. Chez Subotaï, on commence toujours par regarder votre site avec vous, pour trouver la solution la plus simple et la moins chère : un coup de main pour reprendre la main, une remise sur pied, ou un nouveau départ.

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